The Other Memory
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Candee Licious se gare devant une maison au bord du lac avec sa copine, Zazie Skymm. La lumière est douce sur l’eau, mais il y a un truc qui cloche dans le silence, comme si l’air retenait sa respiration. Candee descend de la voiture, raide et mal à l’aise, épaules crispées. Zazie prend son temps, le soleil chaud sur ses bras nus, et la regarde comme on regarde un animal nerveux : douce, prudente, jamais trop près. Elles rentrent les bagages. Tout est nickel, bien rangé. Pourtant, une fois dans la chambre, les draps sont déjà un peu froissés. Personne n’y a touché. Elles baisent avant même de défaire les valises, la bouche de Candee sur celle de Zazie, le baiser profond, presque désespéré. Zazie écarte les cuisses pour la main de Candee, ses hanches qui ondulent lentement à chaque caresse. Candee enfonce deux doigts en elle et sent la chatte de Zazie se contracter, chaude et trempée autour. Elle continue jusqu’à ce que Zazie jouisse, un son rauque et bas, les cuisses tremblantes. Mais Zazie sent toujours cette distance dans le regard de Candee. Cette hésitation, cette peur. Plus tard, quand Candee sort de la salle de bain, son rasoir est sur le lavabo alors qu’elle l’avait laissé dans la baignoire. Le lendemain matin, il a encore bougé. Des petits trucs qui changent d’endroit. Un rouge à lèvres d’une autre femme dans l’armoire à pharmacie, une teinte qu’elle ne met jamais. Une photo coincée derrière un tiroir : deux filles qui leur ressemblent trait pour trait, l’une portant les boucles d’oreilles de Zazie, l’autre avec une cigarette à la main de Candee. Un vieux portable, pas le leur, s’allume quand elles le touchent. L’écran affiche un message court et clair : Ne la crois pas. Et ensuite : Pars avant que tout recommence. Le réseau tombe. L’électricité clignote. Candee sent que l’endroit se défait aux bords, comme une boucle qui se termine. Elle continue de repérer les petits détails qui ne collent pas. Zazie la ramène sans cesse au lit. Elle lui écarte les cuisses avec sa bouche, la lèche lentement, bien mouillée, jusqu’à ce que Candee halète et jouisse fort, une main dans les cheveux de Zazie, l’autre crispée sur les draps. Chaque orgasme la laisse plus à vif, moins sûre. Et puis la vérité tombe, brute et simple. Zazie est un programme. Elle existe parce que Candee choisit toujours la maison. Elle ne peut pas la suivre dehors. À la fin, elles sont devant la porte d’entrée. Zazie serre Candee une dernière fois et pose ses doigts sur ses côtes, sent son souffle, compte les battements de cœur qu’elle n’était pas censée entendre. Puis elle la lâche. « Va », murmure Zazie. Le ciel est gris. Candee franchit le seuil sans se retourner. Dedans, les lumières s’éteignent une par une. Zazie disparaît avec elles. Dehors, le vrai monde attend, brut, inachevé, à elle seule.













