Backstage with Laura King
2008·15 min·82% liked·2.6K Vues
J’étais sûr qu’il y aurait une nouvelle. On s’était déjà croisées sur un autre tournage quelques mois plus tôt. Elle avait ce long cou et ces paupières lourdes d’une star qu’on fait toutes semblant de pas connaître.
Quand je suis arrivée sur le plateau, il y avait juste une chaussure qui m’attendait près de la porte, un talon argenté si haut qu’on se serait cassé la cheville. Elle était beaucoup trop grande pour moi, mais cet arceau avait l’air tellement beau que j’ai quand même forcé mon pied à rentrer. La pression me faisait mal, mais d’une façon qui me donnait envie d’appuyer plus fort.
La pièce était pleine de trucs qui traînaient : un collier en plastique avec des faux diamants qui brillaient sous la lumière comme des promesses qui tiennent pas. Elle l’a ramassé, l’a passé sur sa poitrine nue et a ri une fois, grave dans sa gorge. Le son m’est allé direct entre les jambes.
Plus tard, lumières éteintes et caméra oubliée, elle a gardé la chaussure. Rien d’autre. Elle s’est assise au bord du lit, le talon qui s’enfonçait dans le matelas, la cuisse qui tremblait tandis qu’elle avançait et prenait mes doigts sans rien dire. La sueur perlait dans le creux de sa clavicule. Le collier ridicule glissait entre nous et grattait la peau à chaque fois qu’elle s’écrasait. Chaque coup lui arrachait un petit son parfait du fond de la gorge.
Dehors, une sirène montait et redescendait. Dedans, que nos souffles, le bruit mat du talon contre le cadre, et ce rythme mouillé qu’on créait dans le noir.













